Histoire éducative et drôle

Djoha et le secret des trois parts

Après avoir mangé trop vite pour se sentir bien, Djoha rencontre en rêve un guide joyeux qui lui apprend à savourer, boire et faire des pauses pour écouter son corps.

Djoha découvre le secret des trois parts grâce à un guide bienveillant et un plateau pour manger, boire et rester à l'aise

Le voisin Nabil invita toute la ruelle pour fêter la fin des récoltes. Sur sa grande table, il avait disposé du riz aux légumes, du poulet rôti, un ragoût de gombos, de la salade, du pain chaud et des dattes.

Djoha arriva affamé. Il remplit son assiette et mangea tout en écoutant les conversations. Avant même d'avoir remarqué la saveur de la dernière bouchée, son assiette était vide.

Le repas te plaît ? demanda Nabil.

Djoha lui tendit son assiette.

Je l'ai mangé trop vite pour faire sa connaissance. Il me faut une deuxième portion afin de lui dire bonjour correctement !

Il avala cette nouvelle portion en racontant une plaisanterie, puis accepta un peu d'un troisième plat parce que le dessert n'était pas encore arrivé. Oum al-Ward le vit changer plusieurs fois de position sur son coussin.

Ralentis un instant, lui conseilla-t-elle. Ton corps a peut-être besoin de temps pour te dire qu'il en a assez.

Djoha contempla les plats de service.

Pourtant, la table n'en a pas assez. Il reste encore beaucoup de place dessus.

Nous ne cherchons pas à remplir la table, répondit Oum al-Ward en riant. Nous mangeons jusqu'à nous sentir agréablement rassasiés.

Une nuit sans position confortable

Chez lui, Djoha essaya de se coucher sur un côté, puis sur l'autre, avant de s'asseoir contre trois coussins. Il n'était pas blessé, mais il se sentait lourd et gêné après avoir mangé trop vite et au-delà de son confort.

Si j'avais entendu Oum al-Ward entre deux bouchées, soupira-t-il, j'aurais épargné tous ces voyages à mes coussins.

Il finit par s'endormir et se retrouva dans une cour éclairée par la lune. Au centre se trouvait une table ronde portant un plateau de cuivre organisé en trois emplacements.

Un guide joyeux à la barbe grise apparut, vêtu d'une robe bleu ciel et d'un gilet safran. Au lieu d'un bâton, il tenait une plume douce. Il se présenta comme le Maître des Trois Places.

Servez-vous le dîner ? demanda Djoha.

Je sers d'abord une leçon, répondit le guide, pour éviter que le dîner soit ensuite obligé de te porter jusqu'au lit.

Il posa un petit bol d'aliments variés au premier emplacement et une tasse d'eau au deuxième. Il laissa le troisième libre et y déposa la plume.

Cette place représente l'aisance, le souffle et le temps nécessaire pour remarquer tes sensations. Ce n'est pas une règle pour mesurer tous les estomacs, ni l'obligation de couper chaque repas en fractions exactes. C'est une image qui rappelle de ne pas chasser le confort en mangeant trop vite.

La table aux trois invités

Le Maître frappa dans ses mains. Le plateau devint une table entourée de trois chaises. La Faim s'assit sur la première. La Soif occupa la deuxième. La troisième attendait le Confort.

Djoha empila des plats sur les trois sièges.

Voilà ! Aucun espace perdu.

Où le Confort va-t-il s'asseoir ? demanda le guide.

Djoha réfléchit.

Il peut rester debout. Un invité bien élevé ne se plaint pas.

Il tenta de porter la table surchargée, mais ne parvint presque pas à avancer. Le guide remit une quantité confortable dans les plats, plaça l'eau à côté et libéra la troisième chaise.

Mange assez lentement pour savourer. Fais une pause en chemin. Demande-toi : « Ai-je encore faim ? Suis-je à l'aise ? » Ensuite, décide si tu souhaites davantage. La réponse varie selon les personnes et même selon les jours.

Djoha se tient dans une cour de rêve tandis que le Maître des Trois Places lui présente un plateau avec de la nourriture, de l'eau et une plume pour le confort

Djoha se gratta la barbe.

Je croyais que l'eau pouvait se glisser entre les grains de riz et que le souffle attendrait à la porte.

Le Maître passa la plume sous le nez de Djoha. Son éternuement fit danser les lanternes du rêve.

Ton souffle refuse visiblement d'attendre sans rien dire !

Djoha éclata de rire. Il essaya quelques bouchées lentes, but une gorgée et posa sa cuillère. Pour la première fois de la journée, il remarqua les parfums, les textures et les saveurs du repas.

Trois pauses, pas trois lois

Djoha se réveilla en lançant :

Gardez une chaise pour le Confort !

Oum al-Ward l'avait entendu parler dans son sommeil. Elle lui proposa un peu d'eau, puis écouta le récit du guide, du plateau et de la plume.

L'image me plaît, dit-elle, mais n'en fais pas un calcul rigide. Mange quand tu as faim, prends ton temps et arrête-toi lorsque tu te sens confortablement rassasié.

Djoha ne se punit pas en sautant le petit déjeuner. Il prit un repas du matin adapté et essaya trois pauses simples :

  • Avant de commencer, il se demanda s'il avait faim ou s'il tendait la main uniquement parce que le plat était proche.
  • En cours de repas, il posa sa cuillère et participa à la conversation.
  • Avant de se resservir, il attendit un instant et observa ses sensations.

Quelques jours plus tard, Nabil invita les voisins à partager les derniers légumes du jardin. Djoha choisit une portion confortable, savoura chaque plat, but de l'eau et écouta les histoires autour de lui.

Quand Nabil lui proposa une autre assiette, il répondit :

Je vais patienter. Si la Faim revient, je l'accueillerai. Si le Confort est arrivé, je ne lui prendrai pas sa chaise.

Djoha, Oum al-Ward et Nabil partagent un repas joyeux et tranquille pendant que Djoha pose sa cuillère pour écouter ses sensations

Après quelques minutes, Djoha constata qu'il était satisfait. Il savoura une datte, puis aida à rassembler la vaisselle. Il rentra d'un pas léger et dormit paisiblement.

Cette nuit-là, le Maître des Trois Places apparut très brièvement et montra le siège libre.

Je vois que tu m'as gardé une place.

Je l'ai gardée pour le Confort, répondit Djoha. La prochaine fois, apporte ta propre chaise !

Dès lors, Djoha ne compta pas ses bouchées et ne tenta pas de mesurer son estomac. Il mangea simplement plus lentement, but selon ses besoins et observa la faim, la satiété et le confort. Si une douleur ou une gêne inhabituelle revenait, il en parlait à une personne de confiance au lieu de l'ignorer.

Ce que nous retenons

  • Manger lentement permet de savourer et de mieux remarquer la faim et la satiété.
  • L'équilibre n'est ni la privation ni un partage arithmétique rigide de chaque repas.
  • Les besoins diffèrent selon les personnes et peuvent changer d'un jour à l'autre.
  • Une courte pause avant de se resservir laisse au corps le temps de communiquer.
  • La nourriture apporte énergie et plaisir, et personne ne devrait être moqué pour son corps ou son appétit.

Discussion après la lecture

  1. Pourquoi Djoha avait-il à peine remarqué le goût de sa première assiette ?
  2. Que représentaient la place libre et la plume ?
  3. Pourquoi Oum al-Ward refusait-elle d'en faire un calcul rigide ?
  4. Quelles pauses Djoha a-t-il expérimentées ?
  5. Comment s'est-il senti pendant le second repas ?
  6. Quelle différence voyez-vous entre équilibre et privation ?
  7. Quel signal peut nous inviter à ralentir pendant un repas ?
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