Jana avait neuf ans. Elle aimait lire, dessiner et faire des courses à la corde dans la cour de l'école. Elle n'accomplissait pas tout à une vitesse magique. Elle savait simplement partager sa journée entre les devoirs, la famille, le jeu et un peu de temps pour un programme choisi.
Un matin, Mme Amal demanda à la classe : « Qu'est-ce qui vous aide lorsque vous avez beaucoup de choses à faire ? »
« Je commence par ce qui a une heure limite, puis je choisis une activité amusante », répondit Jana.
Mme Amal apprécia cette idée. Elle précisa que chaque enfant pouvait avoir une méthode différente. L'important était d'observer l'effet de nos choix sur le sommeil, l'attention et l'humeur.
La Cité des nuages
À la récréation, Salma vint parler avec enthousiasme d'une série animée appelée La Cité des nuages. Elle décrivit un train volant entre des îles et un petit gardien qui réparait un pont arc-en-ciel.
« Qu'as-tu pensé de la fin ? » demanda-t-elle.
« Je ne l'ai pas vue. Je regarde parfois la télévision, mais je n'ai pas commencé cette série. »
Salma fut surprise. « Tu as raté la scène la plus drôle ! Demain, tout le monde parlera du nouvel épisode. »
Elle ne cherchait pas à blesser Jana, mais celle-ci se sentit exclue de la conversation. En rentrant chez elle, elle décida de regarder un épisode afin de pouvoir participer.
Elle posa son cartable près du bureau et dit à sa mère, Dina : « Je regarde un épisode, puis je termine mes devoirs et je vous aide à mettre la table. »
Jana s'installa sur le canapé. Le train volant filait à toute vitesse entre des îles magnifiques. À la fin de l'épisode, le suivant commença aussitôt.
« Je regarde seulement le début », se promit-elle.
Mais ce début se termina par une question passionnante. « Quelques minutes » devinrent un épisode entier, puis la moitié d'un autre. Lorsque sa mère annonça le dîner, le cahier de devoirs était toujours fermé.

Jana éteignit la télévision et se précipita vers son bureau. Elle écrivit trop vite, oublia de vérifier un exercice et se coucha tard, le train volant encore dans ses pensées.
Un matin au ralenti
Le lendemain, Jana avait les yeux lourds. Elle lut deux fois une question sans la comprendre et découvrit qu'elle avait oublié le crayon de couleur nécessaire.
Mme Amal ne la gronda pas. Elle s'assit près d'elle et demanda : « Est-ce que tout va bien aujourd'hui ? »
Jana raconta sa soirée. Salma l'entendit.
« Cela m'arrive aussi », reconnut-elle. « Je dis un épisode, puis le temps semble disparaître. »
Mme Amal dessina trois cercles et plaça dans chacun une image sans mots : des yeux qui choisissent, une horloge et une tâche terminée.
« Un écran n'est pas un ennemi, mais il ne connaît pas votre programme. Avant de l'allumer, posez-vous trois questions : Qu'est-ce que je vais regarder ? Quand vais-je m'arrêter ? Que dois-je terminer avant ? »
Salma ajouta : « Et que vais-je faire ensuite ? Je lance souvent un autre épisode lorsque je n'ai pas d'autre idée. »
Mme Amal sourit. « Très bonne question. Un plan utile ouvre la porte de l'activité suivante au lieu de simplement fermer l'écran. »
La roue d'une journée équilibrée
Pendant l'atelier, Jana et Salma fabriquèrent des roues en carton. Elles n'utilisèrent aucun mot, seulement de petites images : un livre pour les devoirs, une assiette pour aider à la maison, une télévision pour le programme choisi, un ballon pour bouger et une lune pour le calme avant le sommeil.
Elles ajoutèrent une flèche mobile et organisèrent les images selon leurs journées. Les roues n'étaient pas identiques : Salma avait son cours de natation et Jana aimait dessiner après l'école.

À la maison, Jana montra la roue à sa mère. Ensemble, elles préparèrent un plan simple :
- Terminer les devoirs et une petite responsabilité familiale.
- Choisir l'épisode avant d'allumer la télévision.
- Régler un minuteur sur trente minutes.
- Ranger la télécommande lorsque le minuteur sonne.
- Garder la dernière heure avant le coucher calme et sans écran.
Le premier jour, le minuteur sonna au moment le plus passionnant. Jana tendit la main vers la télécommande et faillit ajouter dix minutes. Puis elle vit la carte du ballon et se souvint que son frère l'attendait dans la cour.
« Je découvrirai la suite demain. L'aventure ne va pas s'envoler, même si moi, j'y vais ! »
Elle éteignit la télévision et sortit jouer. Après le dîner, elle dessina son propre train volant, avec un wagon transformé en minuscule bibliothèque. Le programme lui avait donné une idée ; s'arrêter lui avait donné le temps de la transformer.
Le lendemain, Jana et Salma discutèrent de l'épisode. Jana n'avait pas tout regardé, mais elle participa avec une question, un dessin et une autre fin qu'elle avait imaginée.
« Profiter d'une série ne veut peut-être pas dire tout regarder d'un coup », remarqua Salma.
« La télévision peut être une belle fenêtre », répondit Jana, « sans devenir tout l'emploi du temps. »
Le plan ne fonctionna pas parfaitement chaque jour. Jana eut parfois besoin d'un rappel, et certains week-ends la famille choisit ensemble un film plus long. Mais elle apprit à faire une pause, à poser les bonnes questions et à ajuster son programme, au lieu de laisser l'épisode suivant décider pour elle.
Ce que nous retenons
- La télévision et les écrans peuvent être amusants et utiles lorsque nous choisissons avec attention.
- Choisir le contenu et l'heure d'arrêt à l'avance est plus facile qu'au milieu d'un moment passionnant.
- Le sommeil, les responsabilités, le mouvement et la famille font partie d'une journée équilibrée.
- Se sentir exclu d'une discussion ne nous oblige pas à tout regarder.
- Un bon plan peut évoluer et n'a pas besoin d'être parfait.
Discussion après la lecture
- Pourquoi Jana a-t-elle voulu regarder La Cité des nuages ?
- Comment un épisode a-t-il duré beaucoup plus longtemps que prévu ?
- Quelles questions Mme Amal propose-t-elle avant d'allumer un écran ?
- Pourquoi Salma ajoute-t-elle une question sur l'activité suivante ?
- Quelles images Jana place-t-elle sur sa roue ?
- Imagine un petit plan pour les écrans pendant une journée d'école.