Histoire éducative

Djoha et le plan des cinquante dirhams

Djoha tente de réduire une dette de cinquante dirhams avec un calcul amusant. Il découvre qu'une promesse n'est pas encore un paiement et qu'un plan honnête libère vraiment l'esprit.

Djoha et l'épicier Salim organisent un plan de remboursement avec trois bourses colorées et un boulier

Djoha gagnait sa vie en tressant des paniers pour le marché. Une semaine particulièrement calme, il ne vendit qu'un seul panier alors que sa maison avait besoin de farine, de lentilles, d'huile et de dattes.

Chez l'épicier Salim, il posa ses quelques pièces sur le comptoir.

Donne-moi seulement ce que cette somme permet d'acheter. J'attendrai pour le reste.

Salim savait qu'il s'agissait de produits essentiels.

Prends ce dont tu as besoin. Nous inscrirons la différence comme dette. Le total est de cinquante dirhams, et tu me préviendras si la date de paiement doit changer.

Salim nota le montant dans son registre. Djoha le vérifia, puis repartit avec les provisions en pensant payer après le marché suivant.

Mais ce marché fut lui aussi très calme. Djoha eut honte d'annoncer la mauvaise nouvelle. Il décida d'attendre de posséder toute la somme pour surprendre Salim avec un paiement complet.

Le chemin le plus long

Une semaine passa, puis une autre. Chaque fois que Djoha apercevait Salim au bout d'une rue, il choisissait une ruelle. Au marché, la voix de l'épicier lui donnait soudain envie d'examiner longuement les cordes de ses paniers.

La dette ne diminuait pas. Elle occupait seulement davantage ses pensées.

Un après-midi, Djoha bavardait avec ses amis Hamid et Maryam près de la place. Il vit Salim arriver avec son registre et se leva aussitôt.

Je dois absolument vérifier l'ombre d'un arbre très éloigné.

Maryam l'arrêta.

L'ombre peut attendre. Le problème que tu évites vient d'arriver jusqu'à notre table.

Salim expliqua calmement qu'il ne souhaitait pas l'humilier. Il avait seulement besoin d'une date, car lui aussi devait payer ses fournisseurs.

Djoha hésite près de la place du marché tandis que Salim arrive avec son registre et que Hamid et Maryam l'encouragent à parler

L'astuce des cinq dirhams

Djoha prit un air très assuré.

Je te dois cinquante dirhams. Si je t'en donne vingt-cinq après le marché de jeudi et vingt après le suivant, combien restera-t-il ?

Cinq dirhams, répondit Salim.

Alors pourquoi me poursuivre pour seulement cinq dirhams ?

Hamid ne rit pas. Il posa cinquante petits haricots sur la table, en déplaça vingt-cinq d'un côté et vingt de l'autre, mais ne les donna à personne.

Les quarante-cinq sont toujours devant toi. Tu les as promis, mais tu ne les as pas payés. Un calcul décrit une idée ; il ne transforme pas une promesse en argent reçu.

Maryam ajouta :

Si tu ignores d'où viendront les deux sommes, ce n'est pas encore un plan. Ce sont des souhaits accompagnés de nombres.

Djoha reconnut qu'il avait plaisanté pour cacher sa honte. Salim lui demanda des échéances liées à des revenus réalistes, même si cela exigeait plusieurs versements.

Trois bourses de couleur

Djoha consulta son carnet de ventes. Une grande commande serait prête dans quatre jours. Ensuite, la vente d'un panier par semaine pouvait laisser dix dirhams après le rachat des matériaux.

Ils décidèrent donc : vingt-cinq dirhams après la grande commande, vingt dirhams au cours des deux marchés suivants, puis cinq dirhams prélevés sur la boîte de petite monnaie sans toucher au budget de nourriture.

Si une vente était retardée, Djoha préviendrait Salim avant l'échéance.

Maryam lui donna trois bourses : bleue, jaune safran et corail. Des nœuds différents permettaient de les distinguer.

Ne mets jamais une promesse dans une bourse de paiement, conseilla Hamid. Mets-y uniquement de l'argent déjà reçu.

Mes promesses étaient donc trop légères, plaisanta Djoha. Elles se sont envolées avant d'atteindre Salim.

Enfin zéro

Après avoir livré la grande commande, Djoha apporta la première bourse. Salim inscrivit le versement et lui remit un reçu.

Lors des deux marchés suivants, Djoha mit dix dirhams dans la deuxième bourse. Il reporta les achats inutiles jusqu'à ce qu'elle soit complète.

Il restait cinq dirhams. Cette fois, Djoha ne prétendit pas qu'ils étaient sans importance. Il rassembla ses petites pièces et entra dans l'épicerie.

Voici les cinq dirhams que j'ai essayé de rendre responsables des cinquante.

Salim compta les cinq pièces, ferma le compte et déplaça les boules de son boulier jusqu'à zéro.

Djoha remet les cinq dernières pièces à Salim dans l'épicerie, près des trois bourses colorées, du boulier et du registre

Les dernières pièces comptent, dit Salim. Mais ce sont surtout tes paiements réguliers et tes messages honnêtes qui ont réparé ma confiance.

Djoha sourit.

J'ai découvert que le chemin le plus court du village passe directement par le problème.

Dès lors, il confirmait toujours le montant, la date et le plan avant d'acheter à crédit. En cas de difficulté, il parlait rapidement. La longue ruelle ne lui servit plus qu'à se promener.

Ce que l'histoire nous apprend

  • Une dette est une responsabilité et un accord précis.
  • Une somme promise n'est pas encore une somme versée.
  • Parler rapidement vaut mieux qu'éviter une personne par honte.
  • Un bon plan repose sur des revenus réalistes et protège les besoins essentiels.
  • Les registres et les reçus permettent de suivre clairement les paiements.

Discussion après la lecture

  1. Pourquoi Salim a-t-il accepté de vendre les provisions à crédit ?
  2. Pourquoi Djoha empruntait-il les ruelles les plus longues ?
  3. Qu'est-ce qui n'allait pas dans son calcul des cinq dirhams ?
  4. Pourquoi leur plan était-il réaliste ?
  5. À quoi servaient les bourses et les reçus ?
  6. Que faut-il faire lorsqu'on sait qu'une échéance ne pourra pas être respectée ?
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